Construire ses ruches

On peut facilement construire ses ruches de manière économique. Pour construire ses ruches, il suffit de respecter les cotes intérieures.

Ensemble des éléments de ruche construits au format Warré.

On peut facilement construire ses ruches de manière économique.

Pour construire ses ruches, il suffit de respecter les cotes intérieures. J’ai vu des ruches d’un grand âge, rafistolées de partout avec des bouts de planches clouées, peintes et repeintes avec des fonds de pots de peinture, et toujours actives.

On trouve aussi sur les sites de vente en ligne d’apiculture, des ruches à monter soi-même ou déjà montées. Dans l’esprit de l’abbé Warré et de son apiculture populaire, j’ai voulu tenter l’expérience avec mon maigre équipement de bricolage, mes faibles notions en bricolage et les matériaux que je pouvais facilement trouver sur place et dans les magasins des environs. J’habite dans une région où les forêts et les scieries sont abondantes, mais pour jouer le jeu jusqu’au bout, j’ai fait l’impasse sur elles pour me procurer le bois.

Grosso modo pour fabriquer vos ruches, il vous faut du bois, des vis, de quoi mesurer, tracer, scier, percer et visser, du temps et un peu de place. Et c’est tout ! De votre équipement dépendront la précision finale de votre montage et surtout la rapidité de réalisation.

Côté matériaux, dans l’esprit de la ruche Warré, on prend ce qu’on trouve :

J’ai utilisé 4 planches de coffrage en sapin ou épicéa, brutes de scierie, à peu près plates pour un coût inférieur à 40 €. Il s’agissait de planches de 4 mètres de longueur, pour une épaisseur de 26 à 27 mm et d’une hauteur de 24,5 cm, qui ont été recoupées au magasin en planches de 2 mètres de longueur pour le transport. Pour protéger le bois des agressions extérieures, j’ai utilisé environ 3 litres d’huile de lin pour un coût de 10 €.

Construction des premiers éléments de ruche au format Warré.
Construction des premiers éléments de ruche au format Warré.

Vous remarquerez que sur la photo ci-dessus, les poignées des éléments fraîchement réalisés ne sont pas encore fixées. Je passe deux couches d’huile de lin avant de les fixer. Les éléments en arrière-plan, plancher et corps de ruche Warré ont eux déjà subi plusieurs couches d’huile pour imperméabiliser et protéger l’extérieur.

Tout le reste, c’est de la récupération : un reste de moustiquaire en synthétique que l’on trouve pas cher en magasin de bricolage (je n’avais pas de toile de jute), un reste de grille métallique type garde-manger qui traînait dans l’atelier, mais de la simple grille en acier zingué vendu en magasin apicole autour de 5 € le mètre carré est suffisant pour réaliser une protection du coussin. La matière du coussin est de la chènevotte (paillis de chanvre) qu’on utilise pour l’éco-construction et comme litière pour les animaux. C’est une matière isolante, très absorbante et régulatrice d’humidité que l’on trouve facilement à faible coût dans les magasins par ici car elle est produite par une entreprise locale. Je possédais déjà une grosse boite de vis (environ 300) et une centaine de barrettes d’avance…

Pose de la moustiquaire synthétique du coussin de la ruche Warré.
Pose de la moustiquaire synthétique du coussin de la ruche Warré.
Remplissage du coussin de ruche Warré avec la chènevotte.
Remplissage du coussin de ruche Warré avec la chènevotte.
Pose de la toile métallique de type garde-manger pour terminer le coussin de la ruche Warré.
Pose de la toile métallique de type garde-manger pour terminer le coussin de la ruche Warré.

Pour le toit de mes ruches, je n’ai pas trouvé de tôle en acier zingué ou aluminium qui pouvait convenir, du coup, ils sont en bois pour cette série là. J’ai également reconverti une chute de bois mélaminé pour me fabriquer des gabarits pour assembler mes éléments, fixer les poignées et percer mes éléments sans perdre de temps à tout calculer et pour assurer une homogénéité à l’ensemble.

La seule chose que j’ai du acheter en magasin apicole, c’est le grillage pour fond de ruche en acier inoxydable pour environ 30 € le mètre carré. Le reste du grillage non utilisé servira pour d’autres fonds de ruche plus tard. Il faut compter 15 € de quincaillerie par ruche (grille, vis, éventuellement crémaillères).

Aperçu du cadre nourrisseur de la ruche.
Aperçu du cadre nourrisseur de la ruche.

Sur la photo ci-dessus, on peut voir le principe de ce cadre nourrisseur, le plus simple qui existe, toujours dans l’esprit Warré. Il suffit de poser une coupelle avec quelques brins de paille ou d’herbe sur les barrettes puis d’y verser le sirop pour les abeilles. C’est un système semblable aux anciennes ruches panier ou paille que l’on mettait par dessous. Pour l’hivernage, on retire la coupelle et on met son candi (sucre cristallin transformé) à la place. Pour mon confort, j’ajoute aussi une moustiquaire synthétique qui me permet d’ouvrir sans être importuné par les abeilles.

Au total, en quinze jours, j’ai pu fabriquer 4 planchers de ruche entièrement grillagés, 7 corps de ruche, 2 toits, 2 coussins et 2 cadres nourrisseur, soit pratiquement 2 ruches complètes, une sur 3 éléments et une autre sur 4 éléments avec un plancher de rechange pour chacune d’entre elles pour un budget total de 80€ environ.

Bien sûr, si vous envisagez l’apiculture sérieusement, posséder des ruches ne suffit pas. Il faut un minimum d’équipement spécialisé supplémentaire : au moins une vareuse et un enfumoir pour votre sécurité ainsi que quelques accessoires fort utiles : grille à reine, chasse-abeille, couvre-cadres, matériel de traitement des ruches. Si le matériel de protection est indispensable, le reste peut attendre et être acheté en magasin spécialisé plus tard, lorsque le besoin s’en fera sentir. Comptez environ 75€ pour une vareuse et un enfumoir premier prix.

Ensemble des éléments de ruche construits au format Warré.
Ensemble des éléments de ruche construits au format Warré.

Avec un budget d’environ 155 €, vous avez 2 ruches, une étant mise en réserve ou en piège, l’autre pouvant être peuplée, et de quoi intervenir en sécurité. Il vous manque juste une chose essentielle : un essaim pour peupler votre ruche !

Auteur/autrice : theLJL70

Un petit peu de moi, un résumé, un raccourci... Pour en savoir un peu plus, n'hésitez pas à consulter cette page : A propos

16 réflexions sur « Construire ses ruches »

  1. Bonjour,
    Ou as-tu trouvé les planches ? je ne trouve rien qui fais plus de 20 cm de large
    Comme le bois est brut, as-tu dégauchi et raboté?
    Merci

    1. Bonjour Yves,

      Au départ, je voulais passer par une scierie (ce n’est pas ce qui manque dans la région) et finalement pour « jouer le jeu », jusqu’au bout, je me les suis procurées dans un magasin Bigmat – planches de coffrage de 4 m, épaisseur 27 mm et largeur 250 mm. Mais en réalité après séchage à l’air sous leur hangar, l’épaisseur est plutôt de 26 mm et la largeur souvent autour de 245 mm. J’en ai vu aussi en vente dans un Point P.

      Pour la construction, je n’ai fais attention qu’au sens du bois, pour qu’il travaille bien avec le temps et je n’ai ni dégauchi, ni raboté, juste un coup de grosse lime à bois de temps en temps. Le bois est brut, juste traité en extérieur avec de l’huile de lin qui est particulièrement bien absorbée par le bois brut.

      @+ ;)

  2. Bonjour Jean-Luc,

    tout d’abord merci pour ton site qui est une bonne source de renseignements, et joliment illustré avec ça.

    Je vie en Allemagne, prés de la ville de Münster, et je suis depuis quelques mois des cours d’apiculture.

    L’an prochain j’aimerais avoir mes premières colonies, j’espère en Auvergne où je souhaite retourner vivre (bien que je sois Lyonnais). J’aimerai beaucoup fabriquer mes propres ruches, mais je n’ai pas beaucoup de notions de bricolages. Dans ton article tu dis avoir un maigre équipement de bricolage. Selon toi quels sont les outils indispensables, et ceux recommandés pour pouvoir travailler correctement sans trop gâlérer?

    Je vais me renseigner sur les ruches Warré. Ici en allemagne ils ont la dimension Deusch-normal, je ne sais pas si c’est la même chose que les Dadant modifiés, je ne crois pas.

    Et je souhaite aussi en savoir plus sur les méthodes, inconvénients et avantages de l’apiculture naturelle et les normes Demeter, car je souhaite également privilégier le bien-être des collonies plutôt que le rendement bien que j’aimerai bien à terme pouvoir vivre en partie de l’apiculture. Il y a d’ailleurs des apiculteurs de loisirs Demeter pas trop loin de chez moi.

    Merci encore,
    Jef
    ps tu es où en France, dans le Jura?

    1. Salut Jeff,

      Je suis installé au pied des Vosges, au sud du massif, dans sa partie en Haute-Saône 70.
      Pour le matériel, en Warré, un rien suffit, je n’ai pas acheté de matériel spécifique, je le possédais déjà pour d’autres travaux à la maison :
      – une scie angulaire (si le rail est long ça permet de tout faire en warré) pour les barrettes et les coupes inclinées.
      – une scie circulaire pour mes découpes de bois
      – une défonceuse pour réaliser mes feuillures pour barrettes, mais ce travail peut être réalisé à la scie.
      – perceuse visseuse dévisseuse
      Les planches sont brutes de sciage, qualité planche de coffrage ou déclassé en scierie, la finition et la protection extérieure du bois sont réalisées avec de l’huile de lin.
      Seuls le grillage de fond de ruche et les bandes crémaillères (optionnelles) sont achetés en magasin apicole.

      Il y a plusieurs façon de conduire une ruche Warré, mais dans tous les cas, c’est une ruche plutôt technique et pas simple si on débute. C’est souvent une bonne chose de suivre une formation en rucher école sur des ruches à cadre standard type Dadant avant de se lancer et de trouver sa façon de faire avec cette ruche.

      Comme principal inconvénient avec cette ruche, comme elle est méconnues et particulière, peu de personnes la connaissent et savent la conduire correctement. Toute ruche peut-être conduite en apiculture naturelle en respectant les normes Agriculture biologique ou Demeter, l’inconvénient ce sont les contraintes liées aux normes, les avantages ce sont des produits valorisés qui n’ont rien à voir en qualité avec ce qu’on trouve dans le commerce.

      Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les Warré produisent très bien, comme toute ruche en bonne santé pour un coût d’exploitation très bas puisque les abeilles se débrouillent toute seule. je me contente de suivre leur état sanitaire, réaliser quelques traitements conformes aux normes bio ou Demeter. Je ne nourris presque jamais, les abeilles vivent et hivernent grâce à leur miel.

      En espérant avoir été complet !

  3. Bonjour Jean -Luc, merci pour votre site qui est clair et bien conçu. J’ai lu l’article de long en large, mais je n’ai pas trouvé les dimensions des trous de vol qu’il y a à chaque élément? Pourriez vous me renseigner sur ce point là svp et comment vous en servez vous? Cela ne fait pas trop d’entrée d’air qui refroidi le couvain?
    Merci d’avance de partager ainsi votre savoir, cela me touche de savoir qu’il reste encore des personnes qui n’ont pas l’esprit individualiste.
    Cordialement, Alexandre.

    1. Bonjour,

      Les trous sont réalisés avec une mèche de 22 mm et bouchés avec un bouchon en bois ou en liège. Le premier trou secondaire est ouvert dès que les températures sont clémentes, il s’agit de l’élément vide-sanitaire, un élément tampon que les abeilles n’investissent que si elles ont envie d’étendre la partie couvain (nid). J’ouvre parfois un trou supplémentaire juste au dessus en cas de forte chaleur et température nocturne élevée, les abeilles forment alors une boule la nuit pour gérer les entrées. Le but est de permettre une bonne circulation des abeilles. La colonie s’adapte très vite à la configuration de leur ruche. La warré est très proche d’une ruche tronc.

      Cordialement.

  4. Salut petit, ton miel est très bon et il défile à la vitesse grand V.
    Tu devrais mettre ton adresse internet sur les pots pour tes clients.
    Car la référence sur les pots te dirige sur le site des champignons.
    Et en fin sur les abeilles.
    Continue et à bientôt.

    1. Salut,

      Profite, il ne m’en reste presque plus. Il a connu un réel succès commercial et il est parti aux 4 coins de la France. Le miel en rayons est parti encore plus vite, les connaisseurs se sont régalés !
      Mes colonies vont très bien, si elles bossent comme l’an dernier, le miel de printemps sera une véritable tuerie. Je te préviendrai lors des récoltes.
      Si tout se passe bien, j’aurai une bonne dizaine de ruches en production en plus l’année prochaine.
      Je regarderai pour les étiquettes.
      Merci pour tes encouragements !
      A bientôt !

  5. Bonjour.

    Juste une information, car si cela peut éviter aux autres de se faire avoir.
    J’ai acheté des planches de sapin de coffrage chez Leroy Merlin. Objectif, que des cadres, et des barettes.

    L’odeur suspecte m’a intrigué, et j’ai remonté la filiere, de LM, au fournisseur Monnet seve.
    Les planches sont traitées au Xylophène 2010, qui est aussi fongicide. (anti bleu)…. (Cahier des charges LM,)
    Devant le peu d’indication et d’information des vendeurs, je vais faire une réclamation, voire aviser la DGCCRF, pour non affichage, des que j’aurai terminé le remplacement de ce que j’avais construit….

    1. Bonsoir,

      Il faut être très vigilant dans ses choix de bois sur en grande surface de bricolage. L’idéal reste toujours la petite scierie et laisser sécher son bois 2 ans. Mais ce n’est pas toujours facile à faire ou à trouver.
      Merci pour la mise en garde !

  6. bonjour, intéressant cet article . je vous laisse un petit témoignage . Débutant en apiculture , ( et avec le confinement, tout à été difficile) , je me suis trouvé avec des essaims abandonnés , laissés seuls depuis plusieurs années, et au demeurant très actifs. J’ai récupéré quelques vieilles ruches 12 cadres dadants, retapées à la diable et en vitesse!. le plancher d’envol était en bois plein, je l’ai ouvert et mis une grille type grillage de garde manger. Grosse galère pour récupérer le miel ; les hausses étaient littéralement soudées et les cadres formaient un amas informe . Des traces de fausse teigne ancienne , l’essaim a due s’en débarrasser seul. des frelon asiatique rodaient , mais les abeilles avaient l’air de les chasser ! lorsque j’ai remis les cadres vides pour les faire nettoyer par les abeilles, des frelons européens sont venus se jiondre au festin en  » bonne camaraderie »….

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