Abeilles : faites votre propre candi !

Il est possible de fabriquer son candi pour ses abeilles.
En le cuisinant vous-même, vous êtes certain de sa qualité et vous réaliserez des économies.

Septième étape de la fabrication du candi : vers 40 à 45°C, après un ultime mélange, le candi a la consistance désirée. Il est prêt à être conditionné.

Il est possible et même souhaitable de fabriquer son candi pour ses abeilles.

En le cuisinant vous-même, vous êtes certain de sa qualité et cerise sur le gâteau, vous réaliserez de substantielles économies.

Fabriquer son candi est une des activités amusantes de l’apiculture de loisir. Cela vous permet de vous affranchir du commerce agroalimentaire qui tourne autour de l’apiculture et de l’agriculture en général avec ses dérives bien connues. Cela permet de contrôler ce que vous donner à vos abeilles.

Si vous êtes étranger au monde de l’apiculture, vous devez vous demander ce qu’est le candi. Il s’agit en fait de sucre transformé ou inverti, destiné à compléter les réserves en miel et en pollen de la ruche pendant la période hivernale.

À bien des égards, sa fabrication relève plus de l’atelier pâtisserie qu’autre chose, mais avec une petite dose de chimie en plus. Si vous êtes coutumier de la réalisation de fondant ou de nappage sur les éclairs, la fabrication va vous rappeler quelque chose.

Pour réaliser votre candi, il vous faudra pour un pain d’un peu plus de 2,5 kg : 2,5kg de sucre en poudre, 500 gr d’eau, 2,5 gr de vinaigre (blanc ou de cidre) et du miel (le miel de pressage est parfait).

Côté matériel, il vous faut un gaz à gros feu dont vous pouvez facilement moduler la puissance, une grosse marmite d’au moins 5 litres, une spatule pour mélanger, une balance, un appareil ménager capable de mélanger et un thermomètre précis pouvant afficher des températures supérieures à 100°C. Pour ma part, j’utilise un thermomètre thermique laser, le même qu’on utilise pour les bilans thermiques des maisons, mais un thermomètre digital à viande fera l’affaire.

Le vinaigre, combiné à l’eau et à la chaleur, est destiné à la fois à fournir certains éléments nutritifs aux abeilles et à réaliser une opération chimique : l’hydrolyse équimolaire du saccharose en fructose et en glucose. Autrement dit en terme non chimique, il sert, combiné avec l’eau et la chaleur du gaz, à transformer votre sucre en 2 composants à parts égales : le fructose que l’on trouve naturellement dans les fruits et le miel, et le glucose que l’on retrouve également dans les fruits, le nectar et bien évidemment le miel.

Le miel que j’ajoute, sert à augmenter l’appétence des abeilles pour le candi. L’idéal est d’utiliser du miel de vos abeilles, celui que vous obtenez à partir du pressage des rayons est idéal, il contient du pollen et pas mal d’autres substances. Généralement il est plus fort en goût que le miel d’écoulement ou le miel en brèche. Il ne faut bien évidemment pas redonner aux abeilles un miel provenant d’une ruche ayant connu un problème sanitaire sous peine de contaminer votre ruche. Les spores de nosémose par exemple, résistent très bien à la chaleur.

La fabrication du candi est simple. Dans votre marmite, versez le sucre, l’eau et le vinaigre et allumez votre gaz. Mélangez le tout continuellement.

Première étape dans la fabrication du candi : versez votre sucre, l'eau et le vinaigre.
Première étape dans la fabrication du candi : versez votre sucre, l’eau et le vinaigre.

Au moment où le mélange arrive à ébullition, l’ensemble va beaucoup mousser comme lorsque vous faites vos confitures. Il faut alors réduire le gaz suffisamment pour que le mélange continue à monter en température mais de façon assez lente. La transformation va se poursuivre en moussant de moins en moins.

Seconde étape : une fois que l'ébullition a commencé, réduisez la puissance de votre gaz pour que la montée en température soit progressive.
Seconde étape : une fois que l’ébullition a commencé, réduisez la puissance de votre gaz pour que la montée en température soit progressive.

Cette phase est critique, pensez à toujours bien mélanger votre préparation et surveillez la température de celle-ci en permanence. Une fois que votre thermomètre indique 116°C, coupez le gaz, l’évaporation de l’eau et sa transformation sont suffisants. Ajoutez immédiatement 2 ou 3 cuillères à soupe de miel et diluez-le. Vous devez obtenir une préparation transparente légèrement ambrée. L’odeur du miel va se répandre dans votre cuisine. La préparation peut garder une odeur légèrement vinaigrée sans conséquence pour votre préparation ou pour vos abeilles.

Troisième étape de la fabrication du candi : coupez le gaz dès que la température atteint 116°C. La préparation est devenue transparente et ambrée.
Troisième étape de la fabrication du candi : coupez le gaz dès que la température atteint 116°C. La préparation est devenue transparente et ambrée.

Versez immédiatement votre mélange dans le récipient d’un appareil ménager capable de mélanger votre préparation et laissez-la reposer dans un endroit frais ou à l’extérieur. Attention aux brûlures, la préparation dépasse encore 100°C.

Dès que la préparation a suffisamment refroidi et a atteint une température d’environ 60°C, commencez à mélanger votre préparation. Celle-ci doit commencer à se troubler et changer d’aspect pour devenir plus pâteuse.

Quatrième étape de la fabrication du candi : on mélange la préparation lorsque celle-ci atteint environ 60°C. Elle se trouble et devient plus pâteuse.
Quatrième étape de la fabrication du candi : on mélange la préparation lorsque celle-ci atteint environ 60°C. Elle se trouble et devient plus pâteuse.

Il suffit ensuite de malaxer votre préparation toutes les 10 ou 15 minutes, au fur et à mesure que la température de celle-ci baisse. Autour de 55°, vous obtiendrez ceci.

Cinquième étape de la fabrication du candi : vers 55°C, on mélange à nouveau, la préparation commence à devenir pâteuse.
Cinquième étape de la fabrication du candi : vers 55°C, on mélange à nouveau, la préparation commence à devenir pâteuse.

Quelques minutes plus tard, aux alentours de 50°C, la préparation devient franchement pâteuse.

Sixième étape de la fabrication du candi : après un nouveau mélange, la préparation s'éclairicit et devient encore plus pâteuse.
Sixième étape de la fabrication du candi : après un nouveau mélange, la préparation s’éclairicit et devient encore plus pâteuse.

Vers 40 à 45°C, votre préparation doit être pâteuse et assez consistante pour ne pas couler. Le mélange est alors prêt à être conditionné.

Septième étape de la fabrication du candi : vers 40 à 45°C, après un ultime mélange, le candi a la consistance désirée. Il est prêt à être conditionné.
Septième étape de la fabrication du candi : vers 40 à 45°C, après un ultime mélange, le candi a la consistance désirée. Il est prêt à être conditionné.

Habituellement, les apiculteurs mettent leur candi dans des sacs en plastique de type congélation. Je n’utilise pas cette méthode. A la place, j’utilise un nourrisseur qui ne me sert pas, dans lequel je mets une feuille de papier sulfurisé. Cela me permet d’avoir un pain de candi exactement à la dimension intérieur de la ruche Warré.

Huitième étape de la fabrication du candi : j'ai placé une feuille de papier sulfurisé dans un cadre nourrisseur.
Huitième étape de la fabrication du candi : j’ai placé une feuille de papier sulfurisé dans un cadre nourrisseur.

Et voici le résultat après avoir rempli le cadre avec le candi. Il devient plus dur en séchant. Son aspect est lisse. Il fera le bonheur de mes abeilles.

Dernière étape de la fabrication du candi : la pâte est versée dans le cadre nourrisseur qui sert de moule.
Dernière étape de la fabrication du candi : la pâte est versée dans le cadre nourrisseur qui sert de moule.

Je place le pain démoulé du papier sulfurisé sur les barrettes de l’élément supérieur, ou au dessus du vide sanitaire supérieur ou d’un élément à moitié construit du bas vers le haut et je replace mon cadre nourrisseur.

J’ai longuement étudié la façon dont les abeilles consomment le candi. S’il fait trop froid, la grappe est resserrée et les abeilles ne s’occupent pas du candi. Si la température augmente, elles consomment une partie du candi et en stockent une autre. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, elles le consomment du bord vers le centre, un peu comme elles utilisent le miel pour couverture supérieure. Si la température est franchement clémente, elles le consomment à la fois par le dessous et le dessus. Pour avoir vu de la glace à l’intérieur de certaines ruches traditionnelles du fait de la condensation et du manque d’aération, je pense qu’elles procèdent ainsi également pour réguler le taux d’humidité grâce au coussin en chènevotte de ma ruche Warré, de la même façon qu’elles le régulent naturellement avec la propolis. C’est la raison principale pour laquelle je n’utilise pas le candi en sac en plastique.

La fabrication du candi est une activité amusante. La façon dont les abeilles gèrent cet apport en nourriture est passionnant à étudier.

Auteur : theLJL70

Un petit peu de moi, un résumé, un raccourci... Pour en savoir un peu plus, n'hésitez pas à consulter cette page : A propos

15 réflexions sur « Abeilles : faites votre propre candi ! »

  1. Jolie mais pourquoi donner du sucre de merde au abeilles , cette pâtés sucré ne possède ni vitamine , ni propriétés bénéfique .
    Mieux faut leurs donner du miel en nourriture d appoint .

    1. Bonjour,

      ça c’est la théorie, mais il faut être pragmatique.
      Certains essaims fraichement installés ou créés, n’ayant pas suffisamment de miel en réserve ou victime d’aléas climatiques, ont besoin d’un apport en nourriture, sinon ils ne passent pas l’hiver et surtout la fin d’hiver – début du printemps qui est une période cruciale.
      Les ruches qui ont des réserves en miel suffisantes n’ont besoin d’aucun apport, elles consomment leur propre miel.
      Vouloir apporter une grosse quantité de miel à une ruche qui a faim est généralement une mauvaise idée :
      – les ruches plus fortes du secteur viennent l’attaquer à la première occasion et pillent toutes les réserves.
      – Le miel donné tel quel a tendance à vite fermenter et ne se conserve pas.
      – il est utopique de vouloir ouvrir la ruche régulièrement en hiver, pour faire un apport en miel, cela condamnerait les abeilles.
      Le candi fait maison contient du sucre partiellement inverti, donc fructose et glucose directement assimilable par les abeilles et du saccharose que l’invertase naturelle des abeilles décomposera et une part de miel qui augmente l’appétence et permet un petit apport en pollen et oligo-éléments.
      Même si cette nourriture est moins complète et riche que du miel pur, c’est la seule solution raisonnable pour sauver un essaim en perdition en hiver.
      En apiculture naturelle , on ne nourrit pas sauf nécessité, mais on ne laisse pas crever ses abeilles. Il est donc utile de savoir préparer du candi à tout moment pour leur donner. C’est mieux que d’en acheter et de le stocker inutilement, et c’est surtout plus rentable (on le fabrique à la demande)

  2. Apiculteur en herbe moi même, j ‘apprecie vos articles. Merci. Très utiles.
    Je penche pour le vinaigre de cidre, loin devant le blanc pour de très nombreuses raisons. Un candi plus complexe pourrait t’il prendre? Avec tisane en lieu et place de l’eau? Voir avec addition de jus de pomme? Riche en sucres complexes comme le miel… Elles adorent la gelée de pomme;-))

    1. Bonjour,

      il y a autant de recettes de candi que d’apiculteur. Il faut surtout faire attention de ne pas incorporer de composants susceptibles de fermenter par exemple ou de se détériorer avec le temps car le candi reste assez longtemps en place. Il ne faut pas non plus que le candi se transforme et ne se mette à couler sur la grappe en dessous. Prendre garde également à ce qui pourrait faire monter le taux d’HMF (hydroxyméthylfurfural).

  3. Merci pour la recette c’est vraiment génial, mais comme je vois vous êtes connaisseur dans le domaine, je voudrais savoir comment faire pour protéger les abeilles du froid en hiver (dans le nord de l’Algérie la température descendre pendant la nuit en décembre et janvier jusqu’a 07 degrés) et merci.

    1. Bonjour,

      on utilise tous plus ou moins la même méthode. De mon côté j’utilise des coussins d’hiver. La plupart des apiculteurs du coin qui sont en Dadant, remplissent les nourrisseurs Nicot avec un isolant de leur choix : film à bulles en aluminium, isolants de construction, etc pour éviter que le froid ne passe par le toit de la ruche.

    1. Bonsoir,
      En principe non, mais on peut ajouter une ou deux cuillères à soupe du propre miel de la colonie pour améliorer l’appétence.
      Le candi doit être donné en appoint, en cas de besoin, mais jamais de façon systématique.

      1. Quel risque court-on à mettre du candi préventivement puisque les abeilles ne le consomment pas tant qu’elles ont des réserves ?
        Par ailleurs ne vaudrait-il pas mieux prévoir une plaque de candi carrée de 29cm de côté de façon à permettre une régulation de l’humidité sur les bords indépendemment du fait que les abeilles le consomment ou non ?

        1. Bonsoir,
          C’est un peu la solution de facilité et cela peut vite devenir une source de gâchis, surtout si l’on possède beaucoup de ruches.
          A l’automne, on doit peser ses ruches et si nécessaire, nourrir les colonies qui sont juste au niveau des réserves puis suivre la consommation des réserves régulièrement. En janvier ou février, parfois en mars si la météo est mauvaise, on complète éventuellement avec du candi.
          Les abeilles, par instinct, ne gâchent rien et iront prendre du candi ou du sirop, même si elles ne sont pas en manque de nourriture. Elles peuvent même en stocker une partie dans les rayons ou s’acharner à éjecter le candi en dehors de la ruche.
          Concernant la taille de la plaque de candi, 1 cm sur les côtés ne peut pas être bouché par les abeilles en hiver si l’humidité ou/et le froid sont trop intenses, alors qu’un plaque qui recouvre quasiment toute la surface de façon non hermétique permet cette régulation comme dans une ruche non nourrie.
          Un candi qui reste longtemps dans une ruche peut toujours prendre de l’humidité et de la chaleur et couler sur les abeilles…
          On peut aussi utiliser des couvre-cadres avec un trou central pour donner de petites quantités de candi comme c’est mon cas cette année (apport de 1.2kg maximum par ruche). L’humidité est alors gérée par la jonction élément couvre-cadre, à moins de travailler au millimètre près…
          L’excès de nourrissement peut aussi avoir un effet inverse que celui escompté, avec un redémarrage moins dynamique au printemps.

          1. Merci pour ta réponse. J’ai effectivement constaté cette année dans la majorité de mes ruches beaucoup de candi éjecté sur la planche de comptage et l’an passé un stockage massif dans les rayons. C’est effectivement un gaspillage évident et qui peut s’avérer nocif comme tu le soulignes.
            Je place une toile à talus au dessus du candi puis un accordéon de vieille couverture piquée en laine comme coussin. Selon les besoins, elles n’auraient donc pas de mal à propoliser la toile sur un cm en bordure. J’ai abandonné le couvre-cadre avec trou central car la grappe en hiver n’est pas toujours centrée et il m’est arrivé de trouver une ruche exsangue à la sortie de l’hiver avec cependant des provisions pas très éloignées de la grappe. Mais sans doute l’hivernage n’avait-il pas été convenablement préparé…

  4. que pensez vous d’ajout d une cuillère à café, pour 4 kg de candi, de levure diététique en paillettes ?
    autrement je fais mon candi depuis une quinzaine d années avec un peu de miel.
    cordialement
    meg

  5. Dieu a bien fait la nature laissez faire elle trouveront leurs nourriture c est. Beaucoup de travaille et de choses a laver il faut avoir du temps de libre. Pour peu de plaisir au prix que cela coût .merci au moins j ai appris d ‘ou viens le sucre candi. Bravo a vous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.