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De jolis cèpes en Charente

Coincé à Angoulême, en Charente, j’ai eu un peu de temps pour explorer un peu le secteur. Ma récompense : une récolte grâce à début de pousse des cèpes !

Je n’ai même pas mon équipement habituel ! Et c’est en chaussures de ville, avec un sac à dos emprunté à ma femme, sans mon opinel que j’ai ramassé mes premiers cèpes à Angoulême. Le biotope diffère beaucoup de mes secteurs habituels : une majorité de petits arbres, chênes et pins mêlés, buis, lierre et sol calcaire. Rien à voir avec ma forêt vosgienne constituée de grands arbres et d’un sol très acide. Mais les cèpes sont au rendez-vous !

Ma sortie est tellement improvisée, qu’il faudra vous contenter, pour cette fois, de médiocres photos, réalisées avec des téléphones portables dont ce n’est pas la vocation. Je n’ai pas emmené mon appareil photo dans mes bagages. J’ai retenu la leçon, la prochaine fois, il me suis partout. Certains cèpes et certains champignons auraient mérité de plus belles photos. Voici le résultat d’une de mes récoltes, environ un kilo de jeunes cèpes bien dodus, récoltés en moins d’une heure, principalement des cèpes bronzés ou têtes de nègre – Boletus aereus, j’ai cru comprendre que, par ici, on les appelle « têtes noires ».

Une jolie récolte de cèpes à Angoulême.

Une jolie récolte de cèpes à Angoulême.

Ma cueillette n’a rien avoir avec le hasard. Ce dimanche 19 octobre, on a battu des records de chaleur un peu partout en France et spécialement dans le sud-ouest. Lors d’une banale promenade, j’avais remarqué la présence de nombreux champignons dans l’herbe, comme ces entolomes à pied vert, champignons calcicoles, qu’un mycologue local a bien voulu m’identifier, car, évidement, je n’ai pas emmené mes bouquins avec moi…

Entolomes à pied vert - Entoloma incanum.

Entolomes à pied vert – Entoloma incanum.

Et au détour d’un bosquet, j’ai trouvé cette amanite épineuse, Amanita echinocephala. Encore un champignon calcicole, mais thermophile également. Si celui-là pousse, il y a des chances pour que d’autres champignons thermophiles poussent également, dont nos fameux cèpes ! J’ai donc profité du début de semaine pour visiter un petit bois qui semblait prometteur.

Amanite épineuse - Amanita echinocephala.

Amanite épineuse – Amanita echinocephala.

Le petit bois visité est constitué de 2 parties : une partie assez aérée, parfois herbeuse où j’ai trouvé de gros cèpes bronzés et dans des sortes de petits taillis de chênes, de jolis cèpes tout frais, dont ce joli duo. J’ai également rencontré un couple de personnes âgées visiblement à la recherche de quelques champignons. Je suis resté immobile en attendant qu’ils arrivent à mon niveau. Arrivés à quelques mètres, s’apercevant de ma présence, ils ont fait mine de ne pas me voir et se sont faufilés dans le bois, sauvages les Charentais !

Un joli duo de cèpes.

Un joli duo de cèpes.

Moins sympathique encore, cette rencontre avec le bolet satan. Inexistant dans mes Vosges saônoises, le terrain acide ne lui convient pas. Ici, terrain calcaire et bois aéré et bien ensoleillé ont bien favorisé sa pousse. J’ai eu l’occasion d’observer quelques bolets de Quélet – Boletus queletii également.

Un bolet satan - Boletus satanas.

Un bolet satan – Boletus satanas.

La seconde partie du bois est moins aérée, le sol est constitué d’humus et de feuilles mortes. Moins accessible, elle s’est révélée particulièrement riche. J’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux cortinaires, j’y ai vu mes premières chanterelles en tube – craterellus tubeaformis, mes premières chanterelles à pied jaune – Craterellus lutescens, des girolles – Cantharellus pallens et quelques pieds de mouton – Hydnum rufescens et de jolis cèpes de toute taille, du petit bouchon au jeune spécimen bien ventru.

Un beau cèpe.

Un beau cèpe.

jeune cèpe.

jeune cèpe.

Et encore un jeune cèpe.

Et encore un jeune cèpe.

Jeune cèpe au milieu d'un tapis de feuilles mortes de chêne.

Jeune cèpe au milieu d’un tapis de feuilles mortes de chêne.

Un cèpe de belle taille.

Un cèpe de belle taille.

Un cèpe bien ventru.

Un cèpe bien ventru.

J’ai eu la chance de croiser une ligne impressionnante d’agaric des bois à l’odeur anisé agréable – Agaricus silvicola. En lisière, j’ai constaté la présence d’agaric jaunissant – Agaricus xanthodermus. Il faut donc rester vigilant dans ses récoltes. Mais visiblement cette partie est peu fréquentée, malgré la proximité de la ville.

Une belle ligne d'agaric des bois - Agaricus silvicola

Une belle ligne d’agaric des bois – Agaricus silvicola

Détail d'un exemplaire frais d'agaric sylvicole.

Détail d’un exemplaire frais d’agaric sylvicole.

J’ai beaucoup aimé parcourir ce petit bois qui semble peu fréquenté et qui a su m’offrir une belle diversité fongique. Pas loin, j’ai découvert un troisième secteur qui me paraît très prometteur. L’exploration sera pour une prochaine fois, avec peut-être à nouveau, une jolie cueillette de cèpes charentais !

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