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Cèpes franc-comtois

Après un saut de puce de quelques centaines de kilomètres la veille, me revoilà en Franche-Comté dans mes Vosges saônoises. A peine arrivé, me voilà déjà à traquer les cèpes dans la forêt.

Je me demandais où en était la pousse des cèpes. Lors de mon escapade dans le sud-ouest, j’avais eu peur de louper ce moment fort de l’automne : les grosses pousses de cèpes. Spectacle magnifique où l’on peut voir des lignes ou des attroupements impressionnants de cèpes. Pour démarrer, je me programme un petit périple sur des stations variées.

Je commence ma balade à 400 m d’altitude environ. Je connais parfaitement le secteur, les cèpes poussent à quelques centimètres près, au même endroit à chaque pousse, année après année. Je découvre mon premier bouchon, encore bien caché par les épines des grands sapins et des grands épicéas qui constituent ce secteur plutôt aéré.

premier bouchon de cèpe.

premier bouchon de cèpe.

J’enchaîne sur un autre secteur où ce sont les sapins des Vosges mêlés à quelques feuillus qui dominent. La forêt est plus dense. Je rencontre ma première amanite tue-mouche qui s’accroche à la mousse au bord d’un chemin forestier.

une jeune amanite tue-mouche fait de l'escalade.

une jeune amanite tue-mouche fait de l’escalade.

Sans surprise, je découvre d’autres cèpes. Le temps n’a toujours pas choisi de basculer sur l’automne franchement et la pousse des cèpes s’en ressent. Les limaces se lancent sur le moindre bouchon. Les cèpes qui ont réussi à pousser sont complètement rongés par les vers. Les bousiers creusent les pieds des cèpes pour se nourrir et y trouver refuge. Les grosses pousses n’ont pas commencé. On se croirait en début de saison, lorsque l’été bascule doucement vers l’automne et que les pluies douces et abondantes venues de l’océan atlantique qui font pousser quantité de champignons à profusion, se font attendre.

un beau cèpe troué de toute part.

un beau cèpe troué de toute part.

Il y a quelques jours, J’avais eu mon père au téléphone et il m’avait prévenu : les cèpes sont sortis, encore peu abondants, ils sont systématiquement attaqués par les limaces et même les bouchons sont véreux. Las de tronçonner les cèpes sur une station d’altitude que je lui avais indiquée, il avait renoncé à toute cueillette. Même les cèpes bronzés, habituellement moins attaqués, étaient véreux dès leur sortie. C’est un phénomène que l’on connait bien ici par temps sec et pousse lente.

attaque de limace sur un jeune cèpe.

attaque de limace sur un jeune cèpe.

Malgré tout, au fil de mon parcours, je trouve de bien jolis cèpes, plus ou moins grignotés ou habités par les bousiers. Ils ne s’attaquent qu’aux cèpes à basse altitude. Peut-être qu’en prenant un peu d’altitude, j’aurai moins de limaces, de vers et de bousiers…

un bouchon de cèpe grignoté.

un bouchon de cèpe grignoté.

Je continue à prospecter et peu à peu j’arrive dans des secteurs absolument pas fréquentés par d’autres personnes. Les cèpes sont toujours là, on pourrait croire qu’ils sont abondants car beaucoup plus nombreux, mais on est loin des densités que je vois habituellement. Certains cèpes sont très esthétiques, la lumière d’automne est belle, ils me réclament une photo.

un beau cèpe bien ventru.

un beau cèpe bien ventru.

D’une manière générale, le constat est le même pour tous les champignons. Les champignons typiquement d’automne sont là, mais leur nombre est peu important encore. Le mycélium s’est bien développé grâce aux pluies précédentes mais il faudra attendre un temps réellement automnal pour espérer voir une explosion de champignons dans les bois.

un petit bouchon de cèpe qui peine à pousser.

un petit bouchon de cèpe qui peine à pousser.

Je ne suis pas déçu, tout cela est conforme à ce que je m’attendais à trouver. Cette année 2014 est étrange d’un point de vue climatique depuis le début. Malgré tout la forêt sait offrir de jolies choses à qui sait les regarder et les apprécier. Les amanites tue-mouche – Amanita muscaria, peu nombreuses également, sont le symbole de l’automne, mais sur cette fourmilière partiellement détruite par les sangliers, elles ont su s’adapter et trouver un terrain favorable pour se développer.

deux amanites tue-mouche profite d'une foumilière en partie détruite par le gibier.

deux amanites tue-mouche profite d’une fourmilière en partie détruite par le gibier.

La balade est agréable, je croise régulièrement de jolis petits cèpes. Cela me donne envie d’aller un peu plus loin même s’il est déjà 17 heures. En marchant vite, il suffit de redescendre au fond d’une combe puis de remonter, pas plus d’un quart d’heure à pieds…

un joli petit cèpe.

un joli petit cèpe.

J’arrive au dernier secteur que je souhaite prospecter. Aucun chemin n’y mène, il est au milieu de nulle part. Cet été, il m’a offert de magnifiques stations à girolles. Je suis curieux de savoir si les cèpes fréquentent ce biotope. Je ne tarde pas à en apercevoir. Celui-là dans une zone herbeuse est magnifique !

découverte d'une nouvelle station de cèpe.

découverte d’une nouvelle station de cèpe.

Ce sera mon dernier cèpe de la journée. Il s’agissait pour tous les cèpes observés aujourd’hui, de cèpes de Bordeaux, Boletus edulis. Je me promets d’aller rapidement en montagne pour traquer les cèpes des pins, si majestueux. La nuit tombe, il est seulement 17h30, mais je me suis fait avoir. On a changé d’heure ce week-end pour passer à l’heure d’hiver et j’ai oublié que dans l’est, la tombée de la nuit est plus précoce que dans le sud-ouest, il y a environ 45 minutes de décalage. Peu importe, la balade a été belle. J’ai retrouvé mon appareil photo, mon sac à dos et mes chaussures de randonnée. Mon chien m’accompagne,  J’ai vu de belles choses, j’ai retrouvé mes forêts. Je m’y sens bien. Je rentre en pleine nuit, heureux d’avoir rencontré les cèpes franc-comtois !

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