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Trois jours aux champignons bien récompensés !

Allez c’est décidé, je m’offre trois sorties aux champignons ce week-end ! Le but n’est pas de ramasser mais de collecter et observer.

Je prépare mon panier, j’y ajoute mes boîtes pour collecter les spécimens de champignon à déterminer, batterie de l’appareil photo bien chargée et ce vendredi je pars prospecter un premier secteur.

Au début, je prospecte un secteur que je connais déjà constitué par quelques jeunes sapins des Vosges. Je fais un petit crochet, je sais que depuis plusieurs années, une troupe de girolles -Cantharellus cibarius a mycorhizé un de ces jeunes sapins. Je ne suis pas déçu, elles sont bien là. Elles sont magnifiques.

De belles girolles au pied d'un jeune sapin des Vosges.

De belles girolles au pied d’un jeune sapin des Vosges.

Comme mon père m’a dit de ne ramasser que quelques girolles, pas plus qu’une barquette, j’en profite donc pour mettre le plus gros exemplaire dans une de mes barquettes. Je file prospecter un autre secteur constitué  de bouleaux, trembles et différents résineux qui poussent dans un secteur où une coupe à blanc a été effectuée il y a quelques années. Le sous-bois est coloré de jaune et de vert.

Le sous-bois se colore de jaune et de vert.

Le sous-bois se colore de jaune et de vert.

Les amanites sont sorties. Les certaines amanites percent le sol et me font penser à des missiles sur le point d’être lancés.

De belles amanites qui ressemblent à des ogives de missile.

De belles amanites qui ressemblent à des ogives de missile.

Je trouve une belle colonie d’amanites à différents stades de développement. La couleur vineuse de la chair à la morsure sur le chapeau de la plus grosse me permet de la reconnaître au premier coup d’œil.

Une belle famille d'amanites.

Une belle famille d’amanites.

Alors que je jette un œil à proximité, une autre amanite attire mon regard : couleur plus foncée, verrues blanches sur le chapeau presque pyramidales, pied bulbeux avec un petit bourrelet puis 2 autres hélicoïdaux plus petits au dessus, anneau non strié déjà en train de tomber, bord du chapeau légèrement cannelé : elle est magnifique cette amanite panthère – Amanita pantherina. Si vous ramassez des champignons et plus particulièrement des amanites, vous avez intérêt à la connaître, elle est dangereuse ! L’habitat sous résineux en zone montagneuse, sa forme assez massive, sa couleur foncée, sa marge peu cannelée et les pointes des restes de voile un peu sales me font penser à la variété abietum, mais je n’en suis pas certain.

Une belle amanite panthère, peut-être la variété abietum.

Une belle amanite panthère, peut-être la variété abietum.

Je poursuis ma promenade toujours dans une zone bien pourvue en amanites.

Un secteur particulièrement riche en amanites.

Un secteur particulièrement riche en amanites.

Je descends sur un autre secteur, histoire de voir si les espèces aperçues les années précédentes se sont enrichies d’autres espèces que je n’aurais pas encore observées. Pas de bonne surprise mais une colonie impressionnante comme d’habitude de bolets de fiel – Tylopilus felleus. Si certains ramasseurs peu expérimentés viennent à s’aventurer dans ce secteur, ils risquent d’avoir une sacrée surprise en tentant de les manger !

Une belle concentration de bolets de fiel.

Une belle concentration de bolets de fiel.

Le bolet de fiel, à reconnaître absolument.

Le bolet de fiel, à reconnaître absolument.

Je change de secteur et je traverse une zone avec de gros résineux. Sans surprise, je trouve de jolis cèpes de Bordeaux – Boletus edulis en plus de quelques jeune cèpes d’été aperçus dans les feuillus auparavant.

Une joli petit cèpe de Bordeaux.

Une joli petit cèpe de Bordeaux.

Et encore un joli bouchon de cèpe.

Et encore un joli bouchon de cèpe.

Les limaces, bien que le temps soit chaud et ensoleillé, sont affairées sur certains bolets.

Limace en pleine action !

Limace en pleine action !

Au passage je croise un bolet bai – Boletus badius, qui semble me sourire en se cachant derrière une souche.

Un bolet bai aux yeux bridé qui me sourit.

Un bolet bai aux yeux bridés qui me sourit.

Je file dans une parcelle où la forêt se reconstitue après une coupe à blanc, les girolles – Cantharellus cibarius sont nombreuses et d’une taille impressionnante.

De grosses girolles.

De grosses girolles.

Le long d’une pessière, de nouveau les petits cèpes de Bordeaux sont là.

Et encore de beaux cèpes de Bordeaux.

Et encore de beaux cèpes de Bordeaux.

Je décide de m’attarder dans cette partie de forêt où j’ai rarement le temps d’aller : jeunes pousses de hêtres et de chênes, bouleaux et trembles avant d’atteindre quelques bosquets où les arbres sont plus grands et la forêt moins dense. Il faut sans arrêt monter et descendre, passer des zones de genêts et de ronces mais la curiosité est plus forte que mes mollets douloureux. Mais la récompense est au bout, des tapis de girolles, uniquement des Cantharellus cibarius dans une densité et une taille remarquable. J’en prélève peu et je réalise quelques clichés. Il y a largement de quoi remplir plusieurs paniers.

Une station formidable de grosses girolles.

Une station formidable de grosses girolles.

La plus belle girolle de la journée.

La plus belle girolle de la journée.

Je pensais avoir tout vu lorsque je suis tombé sur cette tâche impressionnante qu’on voit à des dizaines de mètres à la ronde. Encore de quoi remplir un panier. Je suis satisfait de la découverte de ces nouvelles stations.

Un talus recouvert de jolies girolles.

Un talus recouvert de jolies girolles.

Une belle concentration de girolles.

Une belle concentration de girolles.

Trop tard, j'ai déjà mon quota de champignon !

Trop tard, j’ai déjà mon quota de champignon !

Je décide de réaliser une dernière grimpette avant de rentrer. Là je tombe sur un champignon de belle taille que je ne reconnais pas tout de suite. C’est en le tâtant et en sentant toute l’eau qu’il retient puis en cassant un petit bout et en constatant le changement de couleur de la chair et surtout des pores que je comprends que j’ai affaire à un vieil exemplaire de polypore du teinturier ou polypore éponge – Phaeolus schweinitzii. Belle découverte pour clore cette journée…

Un magnifique et énorme polypore du teinturier.

Un magnifique et énorme polypore du teinturier.

Le polypore du teinturier à côté de mon panier.

Le polypore du teinturier à côté de mon panier.

Vous êtes toujours là ? Le lendemain, je visite un autre secteur, je l’ai beaucoup apprécié pour la diversité des champignons qu’il m’a montrée cet hiver et je suis curieux de voir ce qu’il peut m’offrir en été. Je ne suis pas déçu puisque au fond d’une combe assez humide, le long d’un ancien chemin forestier, bien abritée par de jeunes charmes, je découvre cette magnifique amanite des Césars – Amanita caesarea. Une autre, un peu mangée, pousse à côté je reviendrai la voir dans quelques jours. C’est la seconde station de ce champignon que je trouve dans les Vosges saônoises après celle trouvée l’an dernier. Si elle est assez commune en plaine sur les sols calcaires, c’est une véritable rareté sur les sols vosgiens typiquement acides.

Une belle amanite des Césars.

Une belle amanite des Césars.

Amanite des Césars dans son biotope vosgien.

Amanite des Césars dans son biotope vosgien.

Et enfin amanite des césar dans ma main !

Et enfin amanite des césar dans ma main !

Je continue ma visite, les cèpes d’été sortent toujours. Je découvre une magnifique station de girolles pruineuse – Cantharellus pallens. La pruine blanche leur donne un ton pâle unique. Elles sont magnifiques.

Une belle station de girolles pruineuses.

Une belle station de girolles pruineuses.

C’est l’occasion de remarquer quelques craterelles, en plus des éternelles chanterelles en tube. Une jeune pousse de chanterelles encore trop petites pour tenter de les identifier. Probablement de jeunes chanterelles sinueuses…

De probables jeunes chantrelles sinueuses.

De probables jeunes chantrelles sinueuses.

Une jeune pousse de jeunes chanterelles entièrement jaunes. Encore un peu trop petites également pour les identifier avec certitude. Je laisse tout ce beau monde pousser. Ce sera plus intéressant à étudier plus tard…

De probables jeunes chanterelles en tube dans leur variété lutescens.

De probables jeunes chanterelles en tube dans leur variété lutescens.

Je remarque également la pousse de jeunes chanterelles à l’hyménium typiquement violacé, probablement de jeunes chanterelles jaune et violette ou noircissantes qu’il faudra revenir visiter dans quelques jours lorsque les spécimens auront suffisamment grandi.

Rendez-vous est donc pris avec l’ensemble de ces stations, d’autant plus que le secteur semble propice aux craterelles de tout poil. Celles-ci, bien plus grandes ne laissent aucun doute quand à l’identité. La station est énorme, un véritable champ à perte de vue : ce sont des trompettes des morts – Craterellus cornucopioides. Elles sont déjà de belle taille, on reviendra en prélever lorsqu’elles auront encore grandi, inutile de piétiner la station. Certaines années, ces champignons peuvent atteindre des tailles remarquables.

Des trompettes à perte de vue.

Des trompettes à perte de vue.

Des trompettes de belle taille.

Des trompettes de belle taille.

Je continue mon exploration. Je trouve de nouveau des girolles pruineuses d’une taille gigantesque. Elles sont toute blanche. Mon opinel n°10 parait presque petite à côté. Il faut en prélever une pour retrouver les plis typiques de la girolle et un hyménium coloré.

Une station de girolles pruineuses remarquables par leur taille.

Une station de girolles pruineuses remarquables par leur taille.

Une girolle pruineuse à côté de mon opinel 10.

Une girolle pruineuse à côté de mon opinel 10.

Bon an mal an, le panier s’est alourdi de quelques cèpes d’été, quelques cèpes bronzés et quelques cèpes de Bordeaux qui continuent tranquillement à pousser. Sur le chemin du retour, je trouve encore  des trompettes, les plus grosses sont prélevées pour accompagner le lapin prévu ce dimanche midi.

Encore une jolie station de trompettes des morts !

Encore une jolie station de trompettes des morts !

Encore là ? Cela sera moins long, encore un petit effort. Troisième jour de prospection, je décide de visiter un secteur assez pentu au début, essentiellement constitué de gros chênes et de gros hêtres laissés en bosquets après de sérieuses coupes. Sans surprise, le passage des engins de débardage a laissé place à un désert fongique. Le sol est tassé et la pluie a tout raviné. Seuls quelques polypores géants commencent à digérer les souches. Quelques russules tentent leur chance, ainsi que ces cyathes striés – Cyathus striatus, certains « nids » sont encore fermés par une opercule, d’autres offrent leur « œufs » en attendant la pluie pour les disperser.

Cyathes striés à différents stades.

Cyathes striés à différents stades.

Dans un bosquet de hêtres préservé des engins, nous découvrons une belle colonie de polypores en ombelles – Dendropolyporus umbellatus. C’est un champignon mythique en Franche-Comté et un des plus recherché, un des seuls qui mérite une photo dans les journaux régionaux. On l’appelle poule des bois ou chou-fleur. Je casse un petit bout pour photographier les pores, aussitôt je suis envahi par son odeur particulière.

Un magnifique polypore en ombelles.

Un magnifique polypore en ombelles.

A proximité, d'autres polypores en ombelles plus petits.

A proximité, d’autres polypores en ombelles plus petits.

Détail des pores du champignon.

Détail des pores du champignon.

Sans surprise, chanterelles en tube, cèpes et pieds de mouton – Hydnum repandum, sont sortis. Par ici, on remplit son panier avec ces derniers en 5 minutes. Je les laisse sur place, je reviendrai plus tard.

Une belle ligne de pieds de mouton.

Une belle ligne de pieds de mouton.

Dans un secteur plus humide, je trouve une colonie impressionnante de champignons sur le tronc pourrissant d’un arbre couché. Cela vaut bien une photo. Je suis obligé pour réaliser ma photo d’en culbuter quelques uns. Petit voile pour certains et reste sur le bord du chapeau pour les autres, poussant en petite touffe avec la base du pied un peu plus foncé, il est fort probable qu’il s’agisse de psathyrelles hydrophiles – Psathyrella piluliformis avec cette couleur et cette forme de chapeau. Peu importe le nom, je les photographie juste parce qu’ils forment une véritable forêt de champignons et que c’est très beau !

Une belle forêt de champignons !

Une belle forêt de champignons !

L’orage gronde au loin, encore une photo d’autres champignons non identifiés juste parce qu’ils sont beaux !

Une photo de champignon pour le plaisir.

Une photo de champignon pour le plaisir.

Ah tiens encore des helvelles, pas facile à identifier ! Je note mes observations et j’en embarque un exemplaire pour éventuellement déterminer ce champignon et le passer au microscope plus tard.

Encore une helvelle à identifier !

Encore une helvelle à identifier !

L’orage se précise. Décidément, les girolles sont abondantes et énormes cette année. Cette girolle – Cantharellus cibarius n’a rien à envier à celles observées les jours précédents.

Encore une girolle remarquable

Encore une girolle remarquable

La pluie arrive, il est temps de rentrer, il fait nuit dans la forêt, à mon grand regret car chemin faisant je croise de magnifiques amanites phalloïdes, les premières de l’année…

Mais je suis satisfait, trois jours à me promener dans les bois bien récompensés ! Et vous chers lecteurs, si vous avez réussi à me lire jusque là, vous mériteriez également d’être récompensés !

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